KAROL le CRACOVIEN
hommage à JEAN-PAUL II
Heureuse l’époque
A laquelle naît
Un grand homme
Dans quelle patrie
Du monde que ce soit.
Je chante l’âme d’un homme
Qui Premier entre tous
Venu des contrées Hyperboréenne
Du pays des deux fleuves.
Appelé par ses pairs
Pour gréer la barque du pécheur.
Il vient la croix au poing
Avec ses peines immenses
Ses joies démesurées
A la poursuite d’une quête.
Possédé d’un seul désir
L’amour en l’humanité.
Pour ce faire il lui faut
Vaincre sa propre peur.
Etai-il seul
En ce monde d’apocalypse proche
A contempler le soleil ?
Etait-il seul
A chercher un Dieu
Dans le labyrinthe des vérités ?
Combien de portes a t-il ouvertes ?
Que nos regards se portent vers lui
Qui sur la route de l’humanité
Venait à nous,
Solliciter à plus d’humilité.
A l’horizon du ponant
La brume enveloppe d’un halo
D’un ciel de mille miroirs
Le calice du Graal.
Maintes fois le Cracovien s’inflige
La solitude de rejeter le doute.
Ce bruissement du cœur.
Longtemps son Dieu l’éprouve
Dans le labyrinthe des vérités
Face à ce monde en gestation.
Acquérir l’énergie
De vivre la réalité évangélique
La rendre sensible à ce monde.
Entraîner l’homme vers ce grand large
Où réside la force de l’espérance.
Une nuit
De claire lune sûrement
D’une étoile inconnue
Une gerbe de feu s'épanouit.
Émergence d’un appel ou-bien
L’annonce de violences aveugles.
L’étoile, telle une larme brille
Dans les yeux du Cracovien.
Un vent chaud comme celui
Des collines flétries de Judée,
Caresse son visage.
Est-ce moment qui lui fut donné
La perception ce que peut-être
Le monde dans sa gloire ?
De voir plus loin,
Plus clair en son âme ?
Le vent chaud de Judée lui apporte
La vision de sept oliviers aux troncs difformes
Torturés par les ans,
Du jardin de Gethsémani.
Des cailloux leurs servent d’atèles,
Afin de soulager leurs poids de l’immortalité,
Témoins du temps de Tibère
Des souffrances du Fils incarné de Dieu.
Leurs racines plongent au cœur de l’histoire
Recherchent une force pour mieux affronter
Le spectacle désordonné du monde.
Dans le jardin de Gethsémani
Sept oliviers, toujours verts, comme si,
Leurs jeunesses étaient éternelles.
Sept oliviers que le vent du soir
Effleure les branches porteuses de fruits.
Ce même vent
Caresse le visage du Cracovien.
... Je vous salue Vierge Marie,
Bénie entre toutes,
Je soupire vers Vous...
Depuis la veille il est là,
A genoux, au milieu des pierres
Endormies de la chapelle égarée
Dans l’immensité de la basilique,
Loin de toute rumeur,
Simplement troublé des pas des gardes.
Silence vivant !
A genoux devant l’image de la Vierge Noire,
Bravant l’ensorcellement du moment,
La lassitude du corps,
Le Cracovien prie.
Prière fervente.
Il lui faut tremper son âme,
Vaincre son corps, le fortifier.
Il en mesure l’angoisse,
Mêlée de fierté
Du privilège d’une Renaissance.
...Vous êtes l'Étoile qui brille,
Mon âme à Dieu, mon cœur à vous ...
La nuit poursuit sa route,
Il en mesure le temps,
De ce qui reste du cierge.
Demain.
Face au monde qui attend
Il recevra son titre,
Les clés de son royaume.
La crosse sera sa lance.
... Mon âme, ma vie à Vous,
L’honneur pour moi, étoile du matin,
Que votre humanité, cette puissance spirituelle,
S’harmonise en moi,
Me donne la force d’utiliser
Les richesses mutilées par l’homme:
Savoir autre
Voir autrement
Sentir différemment...
...Frère, voici le heaume,
Que ton cœur en porte fierté.
Ton temps est celui des grandes espérances.
Que la sagesse triomphe de l’ignorance,
Chevalier de nos temps !
Voyage, affronte les masques de l’homme !
Imprime ta marque !
N’ai de crainte que d’une seule colère,
Celle de Dieu
Et au-delà, la tienne !
Face au crucifix, épée de son pouvoir,
La voix du Cracovien résonne.
“ N’ayez pas peur ! “
Et le monde comprit que du ciel
Un Dieu envoyait son témoin.
Il baisse la visière,
Le combat contre les forces
Peut commencer.
A l’aube de ce millénaire
Le Cracovien est-il le bâtisseur sidéral
D’une nouvelle humanité ?
Recherchant une identité hors des frontières,
Occasion de défit !
Comme les chevaliers errants,
Il affronte les périls
D’une gloire ne lui appartenant.
Comme eux,
Il étanche une soif de la découverte,
Message à une nouvelle vie.
Lui aussi, quête le Graal !
Lui aussi, cherche une Écriture
Dans l’immensité de ce monde.
Lui aussi, va plus haut
Au-delà de sa propre peur.
Ce conquérant imaginait-il
La terre dans sa course circumstellaire ?
Elle longe les fleuves de pierres
Roule dans l’océan des espaces
Lieu des astres, ces points d’interrogations.
Mais plus loin, plus loin,
Les galaxies de l’infini
Nodules tourmentées chevelues,
Matières de vies hermétiques.
... Astres chevelus dites-lui vos secrets,
Que ces mondes “ habités “,
Sauront un jour rendre
Le ravissement aux hommes.
Qu’il parle ou qu’il se taise
Le Cracovien offre une impression
De garder en lui le silence.
Un mur face à son monde extérieure.
A moins que se ne soit
Une invitation au fil de sa pensée
Où aucune fêlure ne s’introduit.
Sa vie ainsi défile
Comme le fleuve dans ses fougues,
Ses paresses, selon le moment.
Des bruits de fer
Des sanglots
Des chants montent du fleuve.
Ceux-là s’agrippent à lui comme le liseron.
Sa colère éclate
A tenter de comprendre
Ses semblables qui s’entêtent
D’établir un pouvoir en rabaissant
La dignité humaine dans la servilité.
Lui aussi a subi l’oppression,
La pollution de l’esprit,
Mais jamais il ne s’est départi de sa foi.
Il a apprit qu’une révolution, sans l’esprit
De l’essence de la vie, n’est qu’illusion.
Il tend aux blessés de la vie
Un gué vers son Dieu.
Il s’obstine dans ce combat
D’un seul mobile : l’homme !
Il crée un vaste champ où il invite
Avec douceur et chaleur de pénétrer.
Il était seul avec sa croix
Il entendai le dernier soupir
La dernière voix
Ce silence tombe
Comme l’ombre d’une feuille.
Il était seul avec sa croix.
Écoutait le monde rugir en lui.
Il y en a qui prie
Il y en a qui tue
Courbé sous le poids de leurs solitudes
Lui, vivait avec sa croix, seul.